Titre

Dire les islams au Tchad : significations et enjeux politiques de représentations et pratiques religieuses plurielles

Auteur cécile petitdemange
Directeur /trice Didier Peclard
Co-directeur(s) /trice(s)
Résumé de la thèse Après les attentats du 11 septembre 2001, le régime d’Idriss Déby, pressé par les Etats-Unis au nom de la lutte contre le terrorisme global, met un terme aux activités de plusieurs associations et ONG islamiques réputées proches du courant wahhabite , et fait de la lutte contre le terrorisme sa priorité. C’est au nom de cette lutte que le Tchad s’est engagé aux côtés de la Mission Internationale de Soutien au Mali (MISMA) et des forces françaises, en 2013, permettant au pays de s’imposer sur la scène internationale, en tant que garant d’une certaine stabilité régionale . Ainsi la force de la stratégie d’extraversion tchadienne repose sur un contexte international dont elle sait habilement se déprendre, lui permettant de gagner en légitimité tant sur la scène internationale que nationale. Car assimiler à une menace l’apparition de nouvelles forces religieuses sur la scène politique, peut cacher des enjeux sociaux politiques plus complexes, et recouvrir des luttes domestiques internes. Dès lors la menace radicale est-elle instrumentalisée par les acteurs étatiques pour discréditer le spectre entier de leurs opposants ? Ce premier élément contextuel pose en filigrane, la question des enjeux politiques liés aux dénominations et aux significations des catégories religieuses, et aux processus de détournement dont les marqueurs qui leurs sont affiliés peuvent faire l’objet. Ainsi, à une échelle locale, un premier terrain effectué en 2015 a révélé la présence d’une forte élite politique nationale, dont la spécificité réside dans sa socialisation primaire catholique, qui, lors de son passage en politique, s’est convertie à l’islam, adhérant la confrérie Tijan . Moussa Victor, Issa Paul, les exemples de prénoms à double consonance comme marqueurs de la conversion de la chrétienté à l’islam sont pléthores. Si la conversion peut marquer une logique d’individualisation , elle peut aussi être perçue comme capital social permettant « le passage au politique » de ces acteurs. Ces enjeux nationaux et locaux rapidement esquissés dénotent une pluralité de procédés par lesquels les acteurs se réapproprient et réinterprètent les catégories religieuses, soulignant toute la complexité des manières d’être et de dire l’islam. Que font les différents publics tchadiens de toutes ces représentations, autrement dit comment s’auto-définissent-ils et définissent les autres, pourquoi le font- ils ainsi et quelles en sont les conséquences dans le champ social et politique ? Ces interrogations sont l’objet de notre étude, l’enjeu étant d’analyser, grâce à une étude pluridisciplinaire (méthode ethnographique, sciences politiques), les pratiques d’adhésion, de détournement, de récupération des marqueurs religieux islamiques. En maniant la méthode des jeux d’échelle, du local au global, nous chercherons ici à démontrer que la force de mobilisation de la référence islamique réside, moins dans sa dimension sacrée que dans sa résonance endogène , permettant à différentes strates de la société de s’immiscer ou de renforcer leur position matérielle et symbolique dans le jeu politique local, national et international. Dès lors, pourquoi et comment les acteurs tchadiens s’approprient-ils les marqueurs religieux islamiques, comment les réinvestissent-ils, autrement dit quels sont les processus d’hybridation et d’imbrication du politique et du religieux ? Quels sont les intérêts pragmatiques qui leur sont sous-jacent ?
Statut
Délai administratif de soutenance de thèse 2019
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